Par Catherine Simard

26 août 2020


Le trek du Huayhuash au Pérou est certainement l’une des plus belles randonnées que j’aies fait à ce jour.

Situé entre la région de Cuzco (Machu Picchu) et celle de la cordillère Blanche près de Huaraz, la région du Huayhuash offre l’opportunité de faire un trek de 8-14 jours au cœur des hautes montagnes des Andes. Ce petit coin perdu du Pérou regorge de grands sommets, de vallées sauvages et lacs de couleur émeraude.

Mon groupe et moi avons finalement opté pour un trek de 8 jours qui sera assez intense physiquement mais tout de même luxueux puisque nous aurons des porteurs qui s’occuperont de transporter notre matériel de camping et de préparer les repas. Nous aurons donc seulement à transporter nos petits sacs de jour avec notre équipement photo, différentes couches de vêtements, eau et collations.

Le jour j enfin arrivé, nous quittons aux petites heures de la ville de Huaraz pour une longue route de 12 heures et arrivons au point de départ à 4 180 mètres. Déjà, je sens les effets de l’altitude sur mon corps, ayant de fortes nausées, maux de têtes et le souffle court. La montée commence assez abruptement et nous prenons environ 2 heures à passer le premier col sous le soleil ardent. La descente est plutôt agréable avec une vue magnifique sur de grands lacs colorés. C’est trois heures plus tard que nous apercevons pour la première fois les montagnes blanche spectaculaires et notre camp où nous passerons notre première nuit. Malgré la fatigue, je ne peux résister à l’envie de photographier le ciel étoilé pour plusieurs heures.


Catherine Simard


Le lendemain nous quittons à 4 am pour l’ascension d’une petite montagne qui nous donnera un point de vue incroyable au lever du soleil. Aussitôt que la lumière teinte la cime des montagnes d’un orange vif, je lance mon drone et prend plusieurs panoramas jusqu’à la fin du spectacle. La randonnée se poursuit sur plusieurs kilomètres, et nous arrivons au camp 2 après 12 heures de marche. Exténués, nous allons rapidement à nos tentes pour nous emmitoufler dans nos sacs de couchage. Je décide de sacrifier encore une fois du sommeil et je de me lever la nuit pour prendre les magnifiques étoiles en photo et regarder le lever du soleil depuis le camp.


Catherine Simard


Le jour 3 est un jour de repos puisque nous devrons quitter le soir même à 23 h pour photographier les étoiles au point de vue le plus anticipé du voyage. Après une séance de yoga, nous retournons à nos tentes et essayons de dormir le plus possible avant la randonnée de nuit.


Catherine Simard


Le départ se fait difficile, et nous commençons notre marche sous la pluie. Le moral est bas et la montée est plutôt raide, nous nous efforçons de rester éveillés malgré le peu – ou pas- de sommeil. Nous arrivons au point de vue à 2 heures du matin, le ciel est complètement couvert et il pleut. Puis, le vent se lève et la température passe sous la barre du 0. Trempés et gelés, nous nous blottissons les uns contre les autres sous un gros rocher et nous attendons le lever du soleil qui sera seulement 4 heures plus tard. Je me rends compte que partir aussi tôt était une mauvaise idée. Nous restons là, frigorifiés et tremblotants pour plusieurs longues heures. Enfin, la lumière du matin arrive et nous réchauffe tranquillement tout en révélant une vue imprenable sur trois grands lacs bleus et une chaîne de montagne aux sommets affutés. Nous photographions la scène pendant plusieurs heures, jusqu’à temps que notre guide nous indique que nous devons partir si nous voulons arriver à temps au camp 4. La marche est longue et ardue, nous passons un col à plus de 4 800 mètres, nous sommes épuisés et sans sommeil mais nous nous disons que nos appareils photo sont remplis d’images à couper le souffle. Nous arrivons 6 heures plus tard et nous décidons tous de sauter le souper et d’aller directement dormir.


Catherine Simard

 

Jour 5, nous nous réveillons sous une fine couche de glace et de neige. La nuit a été froide mais ô combien réparatrice. Nous quittons le camp juste après le lever du soleil et commençons notre ascension vers le plus haut col de tout le trek à 5 050 mètres. Les montagnes enneigées sont immenses, les paysages sont dénués de végétations et les lacs sont d’un bleu vif. Nous arrivons au camp 5 juste à temps pour dîner et nous prenons le reste de la journée pour se reposer.

 

Le lendemain, nous partons à 3 heures du matin et empruntons un chemin peu utilisé et très abrupte pour atteindre le col. Puis, arrive la descente la plus difficile, technique et escarpée de tout le trek et nous devons la faire dans une obscurité absolue. Nous arrivons juste à temps pour l’heure bleue à un point de vue grandiose sur la montagne Silua Grande et plusieurs lacs bleus. Le sol est parsemé de cactus et fleurs de toute sorte. J’en profite pour prendre plusieurs avant-plans et différents angles. La descente est assez dangereuse et technique puisqu’il n’y a pas de chemin tracé. Nous arrivons au camp 6 épuisés et profitons du soleil pour le reste de la journée.


Catherine Simard


Nous nous levons aux petites heures ayant comme mission d’atteindre un point de vue peu exploré, mais qui demande à faire une montée directe dans une végétation épaisse qui nous transperce la peau. Malheureusement, nous ne réussissons pas à atteindre l’endroit espéré et je décide de lancer mon drone pour capturer le paysage durant l’heure bleue. Une fois retournée au camp, nous prenons un petit-déjeuner bien mérité et commençons notre marche vers le village où nous passerons notre dernière nuit.


Catherine Simard

 

Le dernier jour est arrivé, nous faisons nos adieux aux montagnes enneigées, direction Huaraz où nous passons les 3 jours suivants à manger, nous reposer et à regarder tous les incroyables clichés que nous avons fièrement accumulés pendant cette aventure inoubliable.

Ce trek fut le plus difficile de ma vie physiquement, mais les images qui en ressortent en valant largement tout l’effort physique et mental déployé.



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