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Par Valérie Derome-Massé

5 Avril 2021


Nous avons tous un jour au l'autre voulu immortaliser un plat franchement bien réussi. Par contre, la photographie culinaire est beaucoup plus complexe qu'elle peut le paraître. Voici 5 astuces que je recommande afin de réussir vos photos de petits plats en lumière naturelle.


La lumière

Comme dans tout genre de photo, la lumière est possiblement l’ingrédient le plus important pour une photo réussie. Dans cet article, je vais parler de lumière naturelle mais à noter que la photographie culinaire est également couramment pratiquée en lumière artificielle. Je vous montre ici un petit aperçu d’une installation simple pour avoir une lumière naturelle optimale qui mettra en valeur vos plats.

Pour se faire, on a besoin d’une fenêtre, d’un fond, d’un diffuseur et d’un réflecteur. L’idéal est de s’installer près de la fenêtre qui vous fournira le plus de lumière possible. Pour ma part, je m’installe à côté d’une grande porte patio et comme elle est orientée au sud-est j’ai abondamment de lumière en matinée et en milieu de la journée.

 


Valérie Derome-Massé



Pour les journées nuageuses, nul besoin d’utiliser un diffuseur puisque la lumière est déjà diffusée. Par contre, je le recommande fortement pour les journées ensoleillées lorsque la lumière est directe. Le diffuseur vous permettra d’avoir une lumière beaucoup plus douce et des ombres moins prononcées. On place ensuite le réflecteur de l’autre côté de la fenêtre pour atténuer les ombres et balancer la lumière dans l’image.

Les deux types de direction de lumière les plus utilisés en photographie culinaire sont la lumière de côté et la lumière qui provient de l’arrière. La lumière de côté est probablement la technique la plus utilisée et qui convient à presque 100% des scénarios. Je conseille d’utiliser une lumière qui provient de l’arrière lorsque le plat que vous mettez en scène a une texture intéressante que vous aimeriez mettre de l’avant ou bien pour les boissons. À noter qu’il faut porter une attention particulière au rendu de la nourriture puisque c’est une lumière qui a tendance à faire ressortir les défauts.

Il existe une multitude de façons de diriger la lumière naturelle pour créer des effets sur notre image. Je vous invite à vous procurer des cartons de type « foam core » noirs et blancs et de les placer devant la fenêtre de façon à concentrer la lumière sur différents sujets dans votre composition et d’observer les changements sur vos images.


La composition

La composition est la partie que je trouve la plus intéressante. C’est à ce moment qu’on peut raconter l’histoire voulue en ajoutant des éléments secondaires qui viennent appuyer le plat que l’on met en scène. L’idée est d’approcher notre mise en scène un peu comme on le ferait avec une toile. J’essaie lorsque possible de dessiner sur papier au préalable ma composition et de m’en tenir à des concepts clairs. Ensuite, je choisis mes accessoires et ma vaisselle en fonction du récit que je souhaite mettre en scène et je les place sur le fond. Pour les photos à plat, je conseille fortement d’utiliser un trépied avec une allonge latérale et un câble « TetherPro » afin de contrôler et de déclencher la caméra directement sur l’ordinateur. De cette façon, vous pourrez ajuster votre mise en scène et voir en temps réel le résultat à l’écran. C’est une technique qui permet un meilleur contrôle sur le résultat final et donne plus de latitude quant à la créativité. De plus, vous pourrez de cette façon conserver un ISO très bas ce qui améliorera la netteté de vos images.

Pour les photos prises de côté ou à angle les principes de base sont les mêmes cependant il faut accorder une importance primordiale à l’arrière-plan, le plan du centre et l’avant plan. En meublant votre mise en scène en tenant en compte de ces 3 plans, vous optimisez vos chances de créer une image harmonieuse qui raconte un récit clair.



Valérie Derome-Massé


Valérie Derome-Massé


Valérie Derome-Massé

 

L'équipement photo

En photographie culinaire, il n’existe malheureusement pas énormément d’options pour l’équipement. Mieux vaut s’en tenir à ce qui est le plus couramment utilisé pour avoir de bons résultats.

Pour les photos prises à plat, l’idéal est de privilégier la focale 50mm ou 85mm si vous avez suffisamment de hauteur pour le faire. Pour ma part j’utilise une Sigma 50mm f1.4 DG HSM Art et à l’occasion une Canon 50mm f1.2. Pour les photos de côté et à angle les focales idéales se trouvent entre 85mm et 105mm. Ces focales permettent de bien isoler le sujet principal et d’avoir pratiquement aucune distorsion dans l’image. De plus, les objectifs macro sont à privilégier pour un meilleur rendu des textures et des détails. Pour les boîtiers, j’utilise une Canon EOS R et une Canon EOS R6 pour la majorité de mes photos culinaires. J’utilise autant que possible un trépied pour la majorité de mes photos pour maximiser la netteté de mes images et cela me permet également d’avoir un meilleur contrôle sur la mise en scène.



Valérie Derome-Massé
Canon EOS R + Canon EF 135mm f/2L USM
1/320s  |  f/2  |  ISO 400



Valérie - Derome-Massé
Canon EOS R + Canon EF 135mm f/2L USM
1/320s  |  f/2  |  ISO 400


Les couleurs

Plus tôt dans la section « La composition », je conseillais de créer vos mises en scène comme vous le feriez avec une toile. C’est aussi le cas avec les couleurs que vous choisissez. Chaque élément utilisé dans votre image, que ce soient les accessoires, le fond, la vaisselle ou bien les ingrédients, rien ne doit être laissé au hasard. Je vous invite à vous familiariser avec les théories de la couleur comme la roue chromatique pour créer une harmonie dans vos images. Pour ma part, j’aime travailler avec les couleurs complémentaires. Lorsque possible j’utilise des ingrédients ou des accessoires secondaires qui sont à l'opposé de la couleur de mon sujet principal sur la roue chromatique.



Valérie Derome-Massé


Valérie Derome-Massé


Valérie Derome-Massé


Les accessoires

Les accessoires qu’on se sert pour mettre en scène nos plats sont tout aussi importants que ceux-ci. Ils doivent appuyer l’histoire mais aussi laisser parler les plats d’eux même sans leur voler la vedette. Ils servent à supporter le récit.



Valérie Derome-Massé
Canon EOS R + Sigma 50mm f/1.4 DG HSM Art
1/60s  |  f/5.6  |  ISO 100

 

L’idéal est d’opter pour des formats d’assiettes et de bols de moyenne ou de petite taille. Il est rare qu’on choisît de montrer de gros plats en photographie culinaire. Le mieux est de mettre en scène de petites quantités à la fois et de miser sur la qualité du rendu. Les petits formats d’assiettes et de bols vous permettront également de créer une répétition dans votre mise en scène et de créer une composition agréable à l’œil. Pour les matériaux je conseille de choisir de la vaisselle qui ne réfléchit pas la lumière (en grès par exemple) pour ne pas créer des réflexions qui dérangent.

J’espère que ces conseils vous donneront envie d’explorer les facettes de la photographie culinaire et de laisser aller votre créativité. Bonne photo!



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