La patience
Ce n’est pas un secret, la photo animalière est un jeu de patience. Fort heureusement, c’est un atout qui se développe avec le temps. Les périodes d’observation sont de belles occasions pour en apprendre plus sur l’environnement de l’animal. Pour ma part, il m’a fallu de nombreuses périodes d’observation sans prendre la moindre image avant d’arriver au résultat espéré. J’ai pu comprendre les vas et viens de certains animaux, ce qui m’a permis d’anticiper leurs déplacements et de me placer au bon endroit au moment voulu. Je crois que la patience fait aussi partie de l’expérience. La photographie animalière c’est beaucoup plus que la photo elle-même c’est une immersion dans le monde des animaux et leur environnement. Le meilleur conseil que je peux donner à ce sujet c’est de prendre son temps et de ne rien prendre pour acquis. Mieux vaut le faire pour l’expérience que pour le résultat final.
![]() Canon EOS R + EF 100-400mm f/4.5-5.6L IS II USM |
L’importance de connaître son sujet
Ce qui fait qu’on s’intéresse à la photo animalière c’est généralement qu’on s’intéresse avant tout au sujet lui-même. Plus on passe de temps à photographier certaines espèces d’animaux ou d'oiseaux, plus on en apprend sur leurs comportements. En connaissant mieux l’animal à observer, on maximise nos chances de réussir nos photos en sa présence. En l’observant on peut voir comment il réagit en notre présence, on pourra par le fait même savoir comment adapter notre comportement et nos mouvements pour ne pas les effrayer. Avec certains animaux il faut se faire extrêmement discret voir même immobile. Certains animaux sont très réactifs aux mouvements et aux sons. En les observant souvent, on vient à savoir comment agir pour ne pas les effrayer. C’est aussi important de se documenter pour en apprendre plus sur l’animal lui-même et son habitat. En connaissant mieux son habitat idéal on peut choisir les lieux en conséquence pour maximiser ses chances de rencontre. C’est également primordial pour moi de mentionner le respect des animaux. On doit absolument garder ses distances, ne pas les approcher ou perturber leur environnement de quelconque façon. Il existe une multitude d’options d’objectifs et d’équipement photo qui permettent de maintenir une distance respectueuse avec les animaux, il s’agit simplement de choisir l’équipement adéquat.
Voici quelques exemples d’objectifs qui permettent de photographier plusieurs espèces d’animaux dans différentes situations:
La rapidité et l’anticipation
À moins d’être très bien camouflé, dans une cache par exemple, les rencontres avec un animal se font généralement très rapidement. Il est donc primordial d’être prêt lorsque celui-ci se pointe le nez.
Un des trucs les plus utiles que j’ai développé avec le temps est de toujours régler les paramètres de son appareil photo à l’avance et de les réajuster régulièrement. Par exemple, si je marche en forêt j’évalue quelle vitesse sera nécessaire pour le type d’animal que je souhaite rencontrer (par exemple, un écureuil est beaucoup plus rapide qu’un cerf), l’ouverture reste la plus grande possible et j’ajuste l’ISO en fonction de l’environnement et la lumière qui s’offre à moi. Il va sans dire qu’il est donc très important de garder son appareil photo allumé en tout temps et de l’avoir en main ou attachée à un harnais ou autre équipement du genre (voir produits ci-bas).
Il existe plusieurs modèles de harnais qui permettent d’accrocher l’appareil photo, de l’avoir à portée de main et de pouvoir marcher sans avoir à tenir l’appareil photo dans ses mains. De plus, avec l’arrivée des appareils sans-miroir, la rapidité dans un contexte comme celui-ci est d’autant plus accessible qu’avant. J’utilise mes deux boitiers Canon EOS R5 et Canon EOS R qui me permettent d’ajuster les paramètres et de voir en temps réel l’image changer dans mon viseur. Ce sont de précieuses secondes gagnées en présence d’un animal qui me donnent beaucoup plus de chances de réussir ma photo. Il existe par contre des situations où on peut se permettre de prendre un peu plus son temps. J’ai eu la chance il y a quelques mois, de m’installer sous une cache et d’observer de jeunes renardeaux à l’entrée de leur tanière. C’est une façon de pouvoir observer les animaux plus longtemps et d’avoir plus d’images sans que l’animal se sente observé ou dérangé.
Jouer avec l’avant et l’arrière-plan
Un des facteurs qui rend une image intéressante est le jeu de couleurs et de textures. Avec les années, j’ai appris à prendre moins de clics à chaque sortie et de seulement prendre mes images quand les conditions sont optimales.
La condition qui est la plus importante selon moi c’est la lumière. Une belle lumière c’est un grand pas en avant vers une image réussie. Par contre, il ne faut pas négliger les couleurs. La clé selon moi pour avoir de belles couleurs et textures en nature c’est de jouer avec les avants-plans et les arrières-plans. Tous les types d’arbres sont uniques et offrent des textures et couleurs avec lesquels on peut jouer. Il ne faut pas hésiter à se déplacer pour modifier les couleurs avec certains éléments en avant-plan et pour avoir une belle texture et couleur en arrière-plan. Voyez par exemple dans ces deux exemples d’images comment j’ai utilisé les bourgeons roses en avant-plan pour ajouter une touche de couleur et varier la teinte et le sapin pour sa couleur et texture.
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Valérie Derome-Massé Valérie Derome-massé est une photographe québécoise qui se spécialise dans la photo animalière. Au fil des ans, elle a dédié une grande partie de son temps à l'observation des animaux sauvages. Son travail s'est peu à peu transformé en un grand livre de portraits en nature. Alors que son but premier est de chercher l’authenticité dans le regard de ses sujets, elle doit surmonter les nombreux défis et embûches de la photo animalière. C’est en usant de beaucoup de patience et de persévérance qu’elle explore les forêts du Québec à la recherche de ses sujets préférés. |
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