Après plusieurs années à pratiquer la photo de skatepark, j’ai compris que photographier des sports extrêmes demande de la rapidité et de la précision pour capter le mouvement à son apogée. C’est un mélange entre anticipation, maîtrise technique et connaissance du sujet. Au fur et à mesure de mes séances et de mes discussions avec les athlètes, j’ai affiné mon style, j’ai amélioré ma technique, et je vous partage aujourd’hui quelques astuces qui vous aideront à faire des choix judicieux sur le terrain pour capturer des images fortes qui mettent en valeur les performances des athlètes.
1. Connaître son sujet et anticiper ses photos : capter le mouvement à son meilleur
Comme dans tous les domaines de la photographie, connaître son sujet permet d’en tirer le meilleur parti. En photo de skatepark, connaître son sujet aide à capturer le mouvement au meilleur moment. Si vous ne connaissez pas bien le sport que vous photographiez, demandez à l’athlète quel est le moment où la figure est la plus esthétique, et quels sont les points importants pour elle ou lui. Une photo peut avoir l’air spectaculaire à première vue ; si le “trick” est manqué, elle n’est pas valable. Sur une photo de danse, par exemple, une jambe pas assez tendue, ou une pointe de pied relachée peuvent gâcher une image. Il en va de même dans les disciplines de skatepark.
Lors d’une session de skate, je demande toujours à l’athlète quel sera son enchaînement. Cela me permet d’anticiper ma position par rapport à l’obstacle et de préparer mon angle de prise de vue en fonction de la figure. Parfois, je lui demande de me montrer une première fois sa “ligne” afin d’avoir une idée plus précise et de m’assurer que nous nous sommes bien compris.
2. À chaque focale son look : s’amuser avec les distances
Bonne nouvelle : toutes les distances focales ont une pertinence en photo de skate ! Du très grand angle au téléobjectif, tous les objectifs peuvent fonctionner pour mettre en valeur les sports de skatepark.
Les objectifs grand-angle et “fish-eye” ont l’avantage de tout faire paraître plus grand et donc plus impressionnant. Ce type d’objectif déforme les perspectives et courbe les lignes droites. Il crée une distorsion et donne un côté très urbain aux clichés. Les images prises au très grand angle font partie de l’esthétique et de la culture du skate. J’aime particulièrement ce type de focales pour photographier des modèles sur des petits obstacles qui auront alors l’air plus hauts.
Les téléobjectifs, eux, compressent les distances. Avec une grande focale couplée à une grande ouverture, les sujets sont très isolés du fond et ressortent mieux du décor. En plus de mettre en valeur les athlètes, les objectifs à longue focale permettent de zoomer sur des détails pour compléter une série par exemple. On peut ainsi faire un gros plan sur les pieds ou le visage des modèles.
Enfin, si vous débutez la photo de skatepark, les objectifs à longue focale (70mm et plus) vous permettront de rester aux abords du skatepark pour ne pas vous mettre vous ou les athlètes en danger ; comme lors des compétitions où l’on a rarement accès au parc.
3. Mettre en valeur son sujet : quel angle pour quel effet?
Après avoir choisi votre objectif, vous pouvez vous amuser avec les différents angles de prise de vue. Bien qu’elle dépende du type d’obstacle utilisé par l’athlète, la prise de vue en contre-plongée est généralement la plus flatteuse. Lorsqu’un objet ou une personne est pris du dessous, cela lui donne instantanément un effet de grandeur. Comme avec le “fish-eye”, l’obstacle aura l’air plus haut et plus impressionnant s’il est pris du dessous.
La vue en plongée, à l’inverse, peut être très esthétique pour jouer avec l’aspect graphique de certains lieux urbains. Elle permet de mettre en valeur les lignes et le design des skateparks, notamment en jouant avec les ombres et contrastes.
4. Ni trop loin ni trop près : comment cadrer sa photo?
Les sports extrêmes tels que le skateboard, le patin ou le BMX sont parfois si rapides qu’il peut être difficile de cadrer correctement. Pour éviter de couper les pieds ou la tête de l'athlète, on peut photographier plus large et recadrer plus tard, à la retouche.
Mon astuce personnelle, c’est de toujours montrer le contexte du mouvement. Dans mes photos, j’inclus l’obstacle au complet, jusqu’en bas. Cela permet de comprendre la hauteur du mur ou de la rampe par exemple. Cela donne une meilleure compréhension de la figure.
5. Quelques points techniques
En skatepark, selon l’athlète et le mouvement, j’utilise une vitesse d’obturation rapide : minimum 1/500s. Ainsi, je fige le mouvement et j’évite le flou de bougé dans mon image.
En photo de sport, j’utilise la plupart du temps le mode rafale de mon appareil photo. Cela me permet de photographier toutes les étapes d’un mouvement et de choisir ensuite, lors du tri, la position que je préfère. Cela permet également d’avoir des séquences complètes de mouvements pour faire soit des petites animations de type stop-motion, soit des photomontages qui montrent la même personne à différentes étapes du mouvement sur la même image.
Pour utiliser le mode rafale rapide, je suggère d’utiliser une carte mémoire V60 minimum (vitesse d’écriture élevée). Sans cela, il est possible que votre appareil photo arrête de prendre des photos en plein milieu d’une séquence parce que la carte termine d’enregistrer les fichiers précédents.
Enfin, pour les sports de skatepark, je recommande fortement de placer un filtre de protection sur votre objectif (un filtre transparent ou UV). Ainsi, si un skateboard ou un patin vient à frapper votre appareil photo, vous risquez moins de briser le verre de votre objectif.
En conclusion, comme tous les domaines, la photographie de skate peut être pratiquée de mille façons et dans mille styles différents. C’est en faisant des essais-erreurs que l’on affine ses choix et ses préférences. Amusez-vous avec les différents angles, les différents objectifs et les différents réglages possibles. Je vous encourage à communiquer avec les athlètes pour construire ensemble vos photos de skatepark.
Les sports de skatepark sont des sports extrêmes, les athlètes vont parfois très vite. Pour votre sécurité et celle des athlètes, il est préférable de rester aux abords du parc et d’utiliser un filtre. Gardez l'œil ouvert et bonne séance !