Le Maroc demeure une destination incroyable pour la photographie. Quand Terres d’Aventure m’a proposé de m’y rendre pour réaliser un repérage afin de donner un atelier photo avec un groupe de photographes, j’étais emballé de sauter dans l’avion. Voici de quelle manière je me suis préparé et les temps forts de cette aventure dans ce pays de la lumière dorée.

Depuis le début de ma carrière de photographe professionnel en 2001, j’ai pris l’habitude de voyager sans valise enregistrée. Ce style de voyage impose beaucoup de discipline en matière de minimalisme. Je possède donc une panoplie de sac photo et de randonnée selon le type d’aventure et des transporteurs aériens que je compte utiliser. Car il faut se le dire, la tolérance sur la taille des bagages en cabine varie d’une compagnie à l’autre. Pour mon séjour au Maroc, étant donné que je compte marcher en montagnes et dans les dunes, j’opte pour un sac de randonnée classique de 40 litres et un sac en bandoulière PEAK DESIGN EVERYDAY SLING 6L V2.

Sur le plan des équipements photo, quand on voyage « carry-on », on doit faire des choix difficiles. L’avènement des appareils sans-miroir et la stabilisation se sont avérés très salutaires en ce qui me concerne sur le plan de l’espace et du poids. Il arrive même que je parte sans trépied, ce qui sera le cas cette fois-ci. Mon équipement photo pour le Maroc est composé de :

Les autres accessoires « photo » essentiels à mon voyage sont les suivants :

Mathieu Dupuis
Canon EOS RP + Canon RF 50mm f/1.8 STM
1/125s | f/8 | ISO 250

Marrakech - aux portes du Sahara marocain

En 21 ans de périples intensifs, je n’ai manqué l’avion qu’à deux reprises. La deuxième fois étant lors de mon escale à Casablanca. Fait cocasse, je voyageais avec Claude, mon ami de longue date, avec qui j’avais raté mon dernier vol 12 ans plus tôt… Comme quoi, je vais commencer à me poser des questions…

Le vol transatlantique est parti vers Montréal avec du retard et ma correspondance de 50 min me semblait juste. C’est sans surprise que je me rive le nez à la porte d’embarquement. Heureusement, je n’ai pas de bagage en soute, j’arrive à monter à bord d’un autre vol vers Marrakech sans trop de délais. Aussitôt arrivé, je pars visiter la ville sans grandes ambitions photographiques. Je préfère conserver un sujet comme Marrakech pour la fin du voyage. Histoire d’être moins fatigué et surtout, un peu plus à l’aise avec les coutumes marocaines.

Mathieu Dupuis
Canon EOS RP + Canon RF 15-30mm f/4.5-6.3 IS STM
1/100s | f/8 | ISO 640

Mathieu Dupuis
Canon EOS RP + Canon RF 15-30mm f/4.5-6.3 IS STM
1/6s | f/5 | ISO 2500

Après un bon repas et surtout, une bonne nuit de sommeil, Ziad (mon chauffeur) et Aziz (mon guide) m’attendent à la porte de mon hôtel. Le Toyota Land Cruiser est chargé à bloc. On se prépare avec l’attaque des routes en lacet du Haut Atlas pour atteindre la vallée Ounila. En route, on fait un arrêt pour récupérer Ibrahim, notre cuisinier, pour nos 10 jours d’exploration. À mesure que le véhicule prend de l’altitude, les paysages changent. Le Haut Atlas est très impressionnant. Aziz me raconte qu’il y a des stations de ski dans la région, mais que hélas, elles sont fermées en raison du manque de neige. Le Haut Atlas culmine à plus de 4 167 m sur le sommet du Djebel Toubkal. Ce qui en fait le 8e plus haut sommet du continent africain.

Mathieu Dupuis
Canon EOS RP + Canon RF 15-30mm f/4.5-6.3 IS STM
1/160s | f/8 | ISO 250

Mathieu Dupuis
Canon EOS RP + Canon RF 15-30mm f/4.5-6.6 IS STM
1/500s | f/8 | ISO 250

Après une pause pour le thé au col Tizi n'Tichka à 2 260 mètres d’altitude, on atteint la région d’Ouarzazate et la vallée Ounila entre Telouet et Aït Benhaddou. Un passage obligé par les caravanes d’épices. Ici, Aziz, Claude et moi abandonnons Ziad et Ibrahim afin de partir à pied pour quelques heures de rando. On se retrouvera pour le diner et pour reprendre la marche jusqu’en fin d’après-midi. Cette rando me permet de photographier de magnifiques petits villages de terre compactée. Mais ce n’est qu’à la fin de la journée que je trouve mon sujet : Le Ksar fortifié de Ait Ben Haddou. Situé sur les contreforts méridionaux du Haut Atlas, ce site du patrimoine mondial de l’UNESCO est l’un des plus spectaculaires du Maroc!

Mathieu Dupuis
Canon EOS RP + Canon RF 24-105mm f/4-7.1 IS STM
1/500s | f/8 | ISO 250

Après une nuit en Riad et un ravitaillement en nourriture et en eau dans la petite ville d’Agdz, nous sommes enfin à la porte du Sahara et quittons la route pour 3 jours de piste.

Le Sahara marocain

Mathieu Dupuis
Canon EOS RP + Canon RF 24-105mm f/4-7.1 IS STM
1/160s | f/8 | ISO 250

Mathieu Dupuis
Canon EOS RP + RF 100-400mm f/5.6-8 IS STM
1/250s | f/8 | ISO 250

Le désert, ça ne s’explique pas, ça se vit tout simplement. C’est ce que l’on m’avait raconté et c’est ce que Claude et moi constatons. Après plusieurs heures de marches dans les dunes sous un soleil de fin d’après-midi, on rejoint nos guides affairés à décharger le véhicule et à établir le bivouac dans le creux d’une dune. Après nous être réhydratés au thé sucré à la menthe, nous partons vers le sommet de ces grandes dunes. Le vent souffle. On doit donc faire très attention au changement d’objectifs pour ne pas remplir le capteur de sable. Malgré beaucoup de précautions, c’est quasi impossible de ne pas avoir du sable qui pénètre dans les objectifs et l’appareil photo. Mais ça n’empêche en rien le plaisir de photographier ces lieux très méditatifs.

La photographie dans le désert, c’est avant tout un exercice de patience. Ceux et celles qui acceptent de jouer le jeu et de prendre le temps de capter toutes ces nuances lorsque la lumière baisse seront récompensés. Tantôt jaunes, ces étendues de sable deviennent ocre ou rosées. La mer de vague sablonneuse change de contraste. De nouvelles perspectives se révèlent à mesure que les ombres s’allongent. Outre la beauté de ces lieux, ce qui est très fascinant c’est aussi de constater l’écart de température entre les zones ensoleillées et l’ombre. Quand le soleil se couche, croyez-moi, il faut avoir sa petite laine à portée de main.

Après une balade de nuit sous les lueurs de la lune et un magnifique lever de soleil, on prend le petit-déjeuner en vitesse. Pas une minute à perdre, on souhaite partir à pied avant que le soleil soit trop haut pour une randonnée de quelques heures. Ensuite, le 4x4 nous récupérera au point de rendez-vous préalablement fixé sur une carte et on continuera vers le prochain bivouac. Aziz me demande mes impressions sur ce premier campement. C’est avec des étoiles dans les yeux que Claude et moi lui expliquons à quel point nous sommes contents de nos photos… C’est alors qu’il me dit : « Attends de voir le prochain lieu où on va camper, les dunes sont encore plus magnifiques. » J’ai de la difficulté à le croire.

Mathieu Dupuis
Canon EOS RP + Canon RF 100-400mm f/5.6-8 IS STM
1/200s | f/8 | ISO 250

Mathieu Dupuis
Canon EOS RP + Canon RF 100-400mm f/5.6-8 IS STM
1/100s | f/10 | ISO 250

Arrivé à ce lieu en question, Aziz avait raison. Les dunes sont encore plus gigantesques. Un peu moins à perte de vue que le premier site, mais nous sommes près de la frontière algérienne. Des massifs montagneux offrent un magnifique arrière-plan. Les dunes qui nous entourent sont recouvertes de ridules créées par le vent. Ce qui confère à l’endroit un caractère très photogénique lorsque j’utilise un grand-angle de 15mm. En me positionnant très bas, j’arrive à accentuer l’effet de ce qui est magnifique avec la lumière contrastée du soir. Une fois le soleil couché, j’ai du mal à attendre le lendemain matin. Je n’arrive pas à dormir et décide d’aller me balader sous la lueur de la pleine lune. Un instant de grande magie en tête à tête avec moi-même!

Mathieu Dupuis
Canon EOS RP + Canon RF 15-30mm f/4.5-6.3 IS STM
1/80s | f/8 | ISO 250

Mathieu Dupuis
Canon EOS RP + Canon RF 15-30mm f/4.5-6.3 IS STM
1/80s | f/11 | ISO 250

Essaouira

Mathieu Dupuis
Canon EOS RP + Canon RF 15-30mm f/4.5-6.3 IS STM
1/160s | f/8 | ISO 250

Après la traverse des grandes étendues asséchées du lac Iquiri, on rejoint à nouveau la route pour une étape à Taroudant aussi surnommé la petite Marrakech. C’est avec beaucoup d’excitation que nous arrivons à Essaouira. Cette ville portuaire figure sur ma liste de sujets photographiques depuis longtemps. Anciennement appelé le port de Tombouctou, le port d’Essaouira se caractérise par ses nombreuses barques bleues. C’est dans sa médina (ville fortifiée) qu’on découvre un monde de saveurs et de couleurs. C’est en mode léger, un seul appareil photo et deux objectifs (35mm et 50mm) que je pars faire de la photographie de rue. Pour moi, ce genre de sujet est le plus imprévisible et le plus passionnant. C’est avec les 5 sens en alerte que je suis en quête de scènes de vraie vie dans une imperfection qui en devient esthétique.

Mathieu Dupuis
Canon EOS RP + RF 50mm f/1.8 STM
1/250s | f/4 | ISO 160

Mathieu Dupuis
Canon EOS RP + Canon RF 35mm f/1.8 Macro IS STM
1/400s | f/5 | ISO 125

Essaouira porte aussi plusieurs surnoms… Certains officiels comme cité de Mogador, d’autres moins, comme E-chat-ouira en raison de la présence omniprésente de chats dans les rues. Sur le plan graphique, Essaouira est aussi une ville de portes. Toutes plus magnifiques les unes que les autres… Ici, facile de se méprendre entre souk et petites ruelles semblant mener vers d’autres mondes. Néanmoins, je ne peux résister à l’envie d’admirer les lumières du lever et du coucher du soleil dans le port. Avec chance, le gros temps crée des embruns se diffusant sur le secteur sous l’effet d’une brume. Ce qui rehausse le caractère mystérieux de l’endroit. Il ne reste plus qu’à laisser ma créativité me porter sous la mélodie du vent et des vagues.

Mathieu Dupuis
Canon EOS RP +
Canon RF 50mm f/1.8 STM
1/125s | f/9 | ISO 250

Marrakech

Mathieu Dupuis
Canon EOS RP +
Canon RF 50mm f/1.8 STM
1/160s | f/8 | ISO 250

De retour à l’étape finale de ce voyage. Claude et moi disons au revoir, Aziz, Ziad et Ibrahim. Pour notre dernière soirée au Maroc, nous partons vers la place Jemaa el Fna de Marrakech. Des charmeurs de serpents, des souks animés, des ambiances qui peuvent parfois être très intenses nous en mettent plein la vue. Nous profitons à fond de l’expérience. Après un peu de magasinage dans les commerces de petites rues étroites, je repère une terrasse qui semble offrir une vue magnifique sur la grande place. C’est avec un verre de thé sucré à la menthe que j’immortalise ce dernier moment au Maroc. Une chose est certaine, mon carnet de voyage est rempli de note pour le prochain voyage.

Mathieu Dupuis a été invité par Terres d’Aventure en préparation au voyage photo Lumières sur le Maroc.


Mathieu Dupuis

Mathieu Dupuis

Photographe professionnel, auteur de livres et chroniqueur voyage depuis de nombreuses années, je parcours le monde en quête de sujets pour mes reportages. Des paysages grandioses aux sujets de fond, je multiplie les collaborations afin de découvrir et faire découvrir le monde qui nous entoure. Mes images d’archive sont disponibles pour acquisition de licences d’utilisation pour diverses applications commerciales ainsi que pour des reproductions sous la forme de tirages d’art.


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MATHIEU DUPUIS

Reportage au coeur du plus vieux désert du monde